Balade au-dessus du Rhin… Découvrir Breisach am Rhein (Vieux-Brisach)

Breisach am Rhein… Traumhaft, idyllique !

Breisach am Rhein, plus connue des Français comme le « Vieux-Brisach » est une ville dynamique très prisée en raison de la qualité de ses prestations et de sa situation. Profondément marquée par le second conflit mondial et son cortège de destructions, c'est également une ancienne place forte que ce sont disputés, pendant une longue période, le Saint Empire et le royaume de France. Emblématique, elle l'est à plusieurs titres puisque Vauban y débute presque sa carrière comme ingénieur et il y conduit son dernier siège, en 1703,

Situation au 17e siècle…

Breisach au 15e - 16e s.À la hauteur de Brisach, un réseau d’îles formait un passage propice pour franchir le Rhin. Très tôt, les Romains, en 260, édifient Mons Brisiacus, un petit castrum situé sur l’actuel « Münsterberg » et dont les fondations sont aujourd’hui rendues visibles à l’aide d’un judicieux marquage au sol.
Au 17e siècle, on y trouve le seul pont sur le Rhin entre Strasbourg et Bâle. Après un siège de cinq mois, le prince protestant allemand Bernard de Saxe-Weimar s’en empare en 1638. Sa mort aussi brutale qu’opportune, offre une partie de l’Alsace à la France dont Brisach. Le traité de Munster (1648) acte la possession de Brisach par les Français et, une dizaine d’années plus tard, on décide d’en renforcer notablement les défenses.

Breisach en 1644 (Gravure par Böckler publiée par M. Merian)
Breisach en 1644 (Gravure par Böckler publiée par M. Merian)

Breisach en 1644 (Gravure par Böckler publiée par M. Merian)
Breisach en 1644 (Gravure par Böckler publiée par M. Merian)

Plan relief de Brisach réalisé par le 53e RAAprès avoir fait une inspection des fortifications d’Alsace et du Luxembourg en 1661, Valpergue, célèbre ingénieur piémontais, est chargé d’établir un projet cohérent pour la place. Cependant, les travaux n’avancent que très lentement, on peut y voir la main de Colbert Saint-Marc, cousin du ministre Jean-Baptiste Colbert. Malgré les remontrances de ce dernier, il est plus prompt à s'occuper de ses affaires que de ceux du royaume tout en rejetant la faute tantôt sur les ingénieurs du roi, tantôt sur un manque de moyens financiers.

L'intervention de Vauban.

Vauban, alors un jeune ingénieur, arrive mois de février 1664 pour remplacer Valpergue dont il désapprouve les projets. Il trace ses propres plans qui sont approuvés par le roi. Malheureusement, le chantier n’avance guère et, en outre, Colbert Saint-Marc outrepasse toutes les règles, et l’on suspecte alors des malversations financières.
Vauban, dès 1666, demande à être relevé de ses fonctions. En 1669, Jean-Baptiste Colbert est excédé par ces travaux qui n’en finissent pas et la situation s’envenime encore, quand, en septembre 1670, les accusations de malversations financières ressurgissent : le coût des travaux aurait été artificiellement augmenté. Le nom de Vauban est alors murmuré, car il a signé des quittances dont le montant est bien supérieur à celui recommandé par le ministre et que son nom se retrouve sur des pièces comptables jusqu’en 1668. C’est Louvois, agissant comme protecteur de Vauban, qui s’occupe de cette affaire qui aurait pu signifier une fin précoce de la carrière de Vauban. Les travaux se poursuivent, lentement, pour s’achever, enfin, en 1679 !

Breisach… le dernier siège de Vauban, en 1703.
Breisach… le dernier siège de Vauban, en 1703.

Breisach am Rhein (vue aérienne, mars 2018)

1697 — Brisach rendue au Saint Empire.

Le traité de Ryswick (1697) rend la ville aux Habsbourg. Elle sera reprise par les Français en septembre 1703 par le duc de Bourgogne — il s’agit d’ailleurs du dernier siège de Vauban — avant d’être restituée quelques années plus tard. Ses fortifications devraient être détruites mais ce ne sera le cas que bien plus tard, sous le 1er Empire. Seul le fort Mortier, désormais isolé sur la rive gauche du fleuve, est conservé pour s'intégrer à l'ensemble défensif qu'il constitue avec Neuf-Brisach.

Breisach : situation en 1739 (plan ms., coll. Centre d'Enseignement Supérieur de l'Armée de Terre, cliché JM Balliet)
Breisach : situation en 1739 (plan ms., coll. Centre d'Enseignement Supérieur de l'Armée de Terre, cliché JM Balliet)

Le fort Mortier, aujourd'hui masqué par des silos à grains.
Le fort Mortier, aujourd'hui masqué par des silos à grains.

Les vicissitudes de la guerre.

En septembre 1793, elle est violemment bombardée par les troupes françaises. À partir des années 1870 et jusqu'en 1940, la proximité d'un pont de bateau et, surtout, d'un important pont-rail confèrent une importance particulière à Brisach.

Pont routier de Brisach (vue aérienne, mars 2018)

Pont de bateau et pont-rail de Brisach : tracé ancien

Pont-rail de Brisach vers 1880

Pont de bateau de Brisach en 1918


Pont de bateau de Brisach vers 1928… d'autres « touristes »
Pont de bateau de Brisach vers 1928… d'autres « touristes »

Malgré les destructions considérables liées aux combats de 1945, quelques pans des fortifications de Brisach demeurent visibles et, plus particulièrement, une ancienne porte, le Rheintor (Porte du Rhin)… Probablement, l’une des plus belles portes aujourd’hui conservées dans l’espace rhénan.

Breisach am Rhein - Rheintor
Rheintor… Une porte monumentale à la gloire de Louis XIV, de Marie-Thérèse et du Rhin !

Breisach am Rhein - vestiges de l'enceinte du 17e s.

Le cas particulier de l'île du Rhin

Ce lieu de villégiature très prisé s'offre sous un jour plus particulier à partir des rives de l'île du Rhin située en regard. On y croise des jeunes et des moins jeunes, de toutes nationalités…


Breisach am Rhein & l'île du Rhin… lieux de villégiature

Breisach am Rhein & l'île du Rhin… lieux de villégiature

Münsterberg, Eckardsberg et l'ancien bassin servant à mettre à l'abri les éléments du pont de bateaux
Breisach a. Rhein… Münsterberg, Eckardsberg et l'ancien bassin servant à mettre à l'abri les éléments du pont de bateaux

Le vieux Rhin et le grand canal d'Alsace se rejoignent

Avant la construction du grand canal d'Alsace, le paysage était tout autre et, sur les rives du Rhin, on trouvait de nombreux ouvrages de la ligne Maginot et ses avatars. Aujourd'hui ne subsiste qu'un curieux blockhaus pour mitrailleuse dû à la MOM (Main d'œuvre militaire) qui prenait en enfilade l'accès au pont de bateaux reliant les deux rives. Il fait aujourd'hui office de support pour un mémorial dédié aux soldats du 28e RIF.

Blockhaus MOM pour mitrailleuse sur l'Île du Rhin

Blockhaus MOM pour mitrailleuse sur l'Île du Rhin
Blockhaus MOM pour mitrailleuse sur l'Île du Rhin
Monument dédié au 28e RIF (Régiment d'Infanterie de Forteresse) à l'occasion des combats de juin 1940
Monument dédié au 28e RIF

Balade aérienne sur le Rhin…




Dr Balliet J.M. — 28 mars 2018




Commentaires