« Scoop »… À propos de la (re)découverte de deux redoutes du 18e siècle sur le territoire de Brisach !

Redoutes du territoire de Brisach - plan ms. de 1755 [fonds BnF]

Introduction

Dans le domaine des sciences historiques, il est certes inusuel d’utiliser le terme de « scoop », mais, dans le cas qui nous occupe, je me permets d'user de ce qualificatif !
Actuellement, dans le cadre de recherches sur un monument bien plus ancien, j’ai été amené à étudier des données d’imagerie utilisant la technologie du LIDAR (une technique de prise de vue qui permet de s’affranchir de la couverture végétale — cf. un billet antérieur). Toutefois, de manière liminaire, je continue à porter une attention toute particulière aux fortifications des Vieux- et Neuf-Brisach et, plus récemment, aux redoutes installées, en Alsace, le long du Rhin dans la première moitié du 18e siècle (essentiellement pendant la guerre de succession d’Espagne, 1702-1714 et la guerre de succession d’Autriche,1741-1748). Ces redoutes, longtemps au caractère ubiquitaire, ont toutefois largement disparu sous les coups de boutoir de la régularisation du cours du Rhin, la construction de grand canal d’Alsace et l’urbanisation subséquente. 
En analysant les prises de vue du secteur, mon attention a été immédiatement attirée par deux structures reprenant parfaitement la forme caractéristique des redoutes rhénanes…

Redoutes du territoire de Brisach - LIDAR [fonds Département du Haut-Rhin]

Les redoutes (re)découvertes du territoire de Brisach.

Masquées sous une épaisse couverture végétale, elles ont simplement disparu du paysage et, aujourd’hui, de la mémoire collective. Pourtant les cartes anciennes en conserve la mémoire… On peut donc identifier, d’après un plan dessiné par Noël Le Mire (1724-1800) en 1755*, la plus grande d’entrent-elles comme correspondant à la redoute de Rothgern.

Redoutes du territoire de Brisach - plan ms. de 1755 [fonds BnF]

* Relevé des cartes des douze inspections du cours du Rhin, depuis Huningue jusqu’à Lauterbourg, pour donner connoissance des postes qui doivent être conservés ; ainsi que de ceux qui sont à démolir, dont les premiers sont marqués par leurs noms et chiffres à la marge de chaque inspection, et ceux à démolir simplement par chiffres sur la carte, avec les remarques particulières des redoutes que ce fleuve a emporté depuis l’année 1744 qui sont toutes marquées dans son cours et leurs corps de gardes à remplacer en arriere sur la terre ferme. » [Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, MS-6450 (410 B)]

Il y a encore cent ans, un canevas de tir français établi en 27 juin 1918, atteste de la présence des deux redoutes.

Redoutes du territoire de Brisach - Canevas de tir 1918 [fonds Dr Balliet JM]

Il reste, lorsque les conditions climatiques seront plus clémentes, à réaliser une étude sur site… Dans l’attente, un cliché réalisé l’an passé : la redoute, pourtant bien visible au second plan, était passée inaperçue, aujourd'hui à mon grand dam car l’attention s'était focalisée sur l’ouvrage de Rothgern !

Redoute de Rothgern (cliché Dr Balliet — 2017)
Redoute de Rothgern (cliché Dr Balliet — 2017)


À suivre…


Dr Balliet JM — 9 décembre 2018.



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