Obusier de 36, modèle 1787 : Obusier de vaisseau.

Contexte historique.

Lors de l’intervention française dans la Guerre d’indépendance des États-Unis 1778-1783), une des raisons des victoires navales britanniques (notamment lors de la bataille des Saintes et lors de la prise de l’Hébé) était l’usage sur les navires de guerre de la Royal Navy de caronades. La réponse française est l’adoption en 1787 d’un obusier pour armer les gaillards des unités françaises.

L’obusier de vaisseau est remplacé par des caronades en fer à partir de 1795. En théorie, il disparait complètement de l’armement au tout début de l’Empire mais on le retrouve dans l’épave d’une frégate qui a sombré en 1814 !
La pièce, très courte (85 cm), en bronze, d’un calibre de 36 livres, nécessitait cinq hommes pour la servir.

L’obusier de vaisseau était destiné à tirer des obus creux chargés de poudre (l’explosion est commandée par une mèche), comme son homologue de l’Armée de terre. Mais à cause de la difficulté du maniement des mèches, cause de nombreux accidents, les obusiers ne seront chargés qu’avec des boulets pleins ou des paquets de mitraille.

Description

Pièce très courte, présentant un rétrécissement au fond de l’âme (pour y loger la gargousse). Cette bouche à feu n’a pas de tourillon mais un support placé sous la volée. Le bouton de culasse, surmonté d’un anneau de brague, est plat et fileté pour servir d’écrou à une vis de pointage.

Matières et techniques & dimensions.

Bronze
Dimensions : H. 40 cm, l. 31,5 cm, L. 91,5 cm
Dimensions (avec socle) : H. 80 cm, l. 68 cm, L. 145 cm 

Marques et inscriptions :

inscription : FRIMAIRE L’AN 3 DE LA REPUBLIQUE/ A-N / C*M*L*V/ FONDERIE NANTES
Sur le tourillon : N° ?/ 735 livres

Pièces illustrant ce billet.

Le Musée national de la Marine de Paris possède un exemplaire d’obusier de 36, provenant de l’épave du Golymin (un vaisseau de 74 canons de classe Téméraire, lancé à Lorient en 1809) qui a fait naufrage dans le goulet de Brest en 1814. Un autre exemplaire provenant du même vaisseau est exposé au Musée de Brest. Les marquages révolutionnaires sont parfaitement bien visibles sur l’exemplaire exposé à Brest.

Exemplaire exposé à Paris.



Exemplaire exposé à Brest.







Bibliographie.

L'incontournable…Boudriot. L’Artillerie de mer : marine française 1650-1850, Ancre, 1992.

Balliet J.M., le 18 mars 2020


Commentaires

Inhapi a dit…
According to Riff Winfield, French Warships in the Age of Sail 1786 - 1861, The obusier was only taken out of the offical ordonance supply by 1807. Many ships before that were designed to mount them up to that date in complement to the carronades(four in ships of the line).

As Winfield is considered ATM one of the experts on age of sail warships, i think this is a good secondary source.

Boudriot, Les vaissaux de 64 à 120 Canons lists ships of the Sané small 74 model laid down until 1813 with ordonance allocation of 4 obusiers.

Personally , I would trust Winfield more on this, but then, both are secondary sources and not really academic ones at that, though the Winfield lists are more professional and meant to be reference works on sailing/wooden steam warships, and should be taken as standard reference works for the naval historian.
Balliet JM a dit…
Thank you for your valuable contribution. I think you are absolutely right, and all the more so since I highlighted the discrepancies between Boudriot's book and the observations on the ground! In this case and without question, Winfield's book is a very good source.
Best regards
Balliet J.M.