À l’attention des plus observateurs… vestiges méconnus du XVIIᵉ siècle de la place de Sélestat
Vue aérienne depuis le sud. Situation ancienne et actuelle de l'écluse d'inondation 110 et de la redoute 12.
À Sélestat, le système de fortification est entièrement réorganisé au XVIIᵉ siècle, selon les plans de Vauban, la construction étant confiée à l’ingénieur Jacques Tarade entre 1675 et 1691.
Profitant d’un système hydrographique particulièrement favorable, la défense de la place reposait en partie sur un dispositif d’inondations défensives couvrant les fronts situés à l’est — bassin d’inondation inférieur (fronts 33-34) — et au sud-sud-est — bassin d’inondation inférieur (front 34-35 en avant de la demi-lune 26, fronts 35-36 et 36-28).
Pour « tendre les inondations », on utilisait une écluse d’inondation — l’écluse n° 110 — installée sur le lit principal de l’Ill, complétée par une série d’ouvrages secondaires tels que des batardeaux.
Construite en 1686, cette écluse d’inondation n° 110 supportait également un pont emprunté par la chaussée menant à Brisach (à l’origine, le Vieux-Brisach). Située à environ 500 mètres de la place — représentée ici par la capitale de la demi-lune 26 —, elle se trouvait de fait dans une position isolée. Pour la couvrir, on édifia alors une redoute, modeste ouvrage carré en terre, dont le souvenir est conservé sur les cartes actuelles sous le nom de « maison forestière de la Redoute ».
Après 1870, l’écluse d’inondation ne conserve plus que sa fonction de pont, avant d’être détruite en 1945 pour gêner le franchissement de l’Ill. Entièrement reconstruite par la suite, on pourrait croire que tout vestige ancien a disparu ; pourtant, à son amorce sur la rive gauche de l’Ill, subsistent encore quelques pierres d’origine du XVIIᵉ siècle, dont l’une porte la marque visible d’un tailleur de pierre.
La marque de tailleur de pierre est parfaitement visible ainsi que les traces d'explosions plus anciennes (probablement des tirs d'artillerie en 1945)
| Des traces d'explosions, probablement dues à des tirs d'artillerie en 1945, sont également visible sur l'amorce de l'ancien garde-corps en grès (probablement 19e s.) du pont. |
Tous les clichés de la main de l'auteur — Fonds Dr Balliet —, dont les cartes et plans des AM de Sélestat en insert.
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