Un livre, un jour… Fortifications & jardins — Jardins & fortifications (Festungen in Gärten - Gärten in Festungen)

C'est avec beaucoup de plaisir  que je partage avec vous un nouveau volume d'une série de publications de la Deutschen Gesellschaft für Festungsforschung e.V. (DGF) "Festungen in Gärten - Gärten in Festungen" — actes du colloque éponyme — qui vient d'être publié il y a peu par Schnell & Steiner.

Les communications — à l'aune de la thématique retenue — sont pour le moins surprenantes et les essais proposés documentent clairement les diverses relations entre l'art et les fortifications miniatures du 17e au 20e siècle.

C'est en Angleterre, et plus particulièrement dans le Hampshire, que la combinaison entre architecture militaire et jardins soigneusement ordonnés. Dans la période baroque, on commence à observer, comme à Paris, la disposition de petites structures sous la forme d'éléments de fortifications dans les jardins. Plus qu'un outil militaire, il s'agit de permettre la mise en scène d'événements militaires à l'occasion de fêtes données par le pouvoir royal ou la noblesse.

Ce volume VI d'une série de publications de très haute tenue, « Festungsforschung », rassemble les contributions du colloque international "forteresses dans les jardins - Jardins en forteresses" organisé conjointement par l'État de Bavière (Bayerischen Verwaltung der staatlichen Schlösser, Gärten und Seen), La Prinz-Albert-Gesellschaft e.V. et la Deutschen Gesellschaft für Festungsforschung e.V. (DGF).

Certes, le « spécialiste » en fortifications n'y verrait-il, peut-être, là que quelques aspects connexes fort éloignés de ses centres d'intérêt ? On peut toutefois résolument s'inscrire en faux, ne serait-ce qu'à l'aune de l'une des plus étonnantes des réalisations en la matière : les petits modèles (« Festungsmodell ») du parc du château de Sans-Soucis à Postdam.

C'est ainsi qu'est construit en 1893, sous la direction de J. Diener (un ingénieur du génie qui collaborait depuis 1889 avec les étbs. Krupp dans le domaine des fortifications) un vaste ensemble de fortifications à l'échelle 1:10 qui, selon les données les plus récentes (cf. la présente publication), occupe un front de plus de 55 m de large, pour 15 m de profondeur !
Vue partielle — état 2004
Source : Arbeitsgemeinschaft Modell-Fort Sanssouci e.V.
Le choix d'implantation relève aussi bien du secret militaire — la résidence secondaire de l'Empereur — que de l'accessibilité à une époque où la thématique des fortifications de l'empire allemand nouvellement créé reste prégnante.

Modifié à plusieurs reprises, on y trouve, entre autres, la trace des réflexions en matière de développement des réseaux de fil de fer barbelés. C'est durant cette même période, 1893, qu'on s'oriente vers l'établissement de réseaux englobant entièrement les positions fortifiées, même les plus petites. Néanmoins, le coût se révélait prohibitif et sa mise en œuvre sera très retardée. Un exemple abouti nous est donné par le I. Stp. Heiteren (i. e. Werk an der Heiterer Straße, i. e. « Fort de Heiteren ») construit à proximité de Neuf-Brisach en 1909 !


Références de la publication…

[FESTUNGSFORSCHUNG Bd. 6] - MENDE, OTTERSBACH (Hrsg.) - Festungen in Gärten - Gärten in Festungen. Regensburg, Schnell & Steiner - Deutsche Gesellschaft für Festungsforschung, 2015.
ISBN: 978-3-7954-2754-2

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